100 élèves handicapés sans transport dans le 69 !

Parmi les 'affaires' de la rentrée, ça dérape un peu sur les routes du département du Rhône. Une centaine d'élèves handicapés se retrouvent sans solution de transport. Enquête...

8 septembre 2010 • Par Handicap.fr / Emmanuelle Dal'Secco

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En 2010, le Conseil général du Rhône lance un appel d'offres pour le transport scolaire de 1300 enfants handicapés. En juin, la société Vortex rafle une grosse partie du marché avec une offre alléchante, que l'on prétend inférieure de 40 % à ses concurrents. Un argument prioritaire dans ces temps de rigueur planétaire ! Elle doit donc assurer, dès la rentrée, la prise en charge de 900 élèves. A sa décharge, il ne lui reste que deux mois pour mettre en place ses services dans un département où elle n'est pas encore implantée. Avec 800 salariés présents dans 30 départements Vortex a fait preuve de sa fiabilité dans le transport à la demande des personnes handicapées mais cette implantation tardive dans le Rhône est un défi qu'elle n'a, semble-t-il, pas été en mesure de relever, en tout cas à temps.

SMS : « Transport impossible »
Pour preuve le tohu-bohu qui agite plusieurs dizaines de parents. Depuis la rentrée, le téléphone a sonné une trentaine de fois dans les locaux de la Courte échelle, un collectif d'associations locales qui travaille sur les questions de scolarisation dans le département. Au bout du fil, la même colère : « Mon enfant n'a pas de transport ! » Une maman précise qu'elle a appris la nouvelle par SMS : « Transport impossible ! ».

Du côté de Vortex, sans s'affranchir de ses responsabilités, on fait son mea culpa, tout en relativisant la situation : « Sur 900 élèves pris en charge, seuls 60 n'ont pas pu être transportés (une centaine selon le Conseil général). Et pour 80 % d'entre eux, ce sont les parents qui ont refusé car les nouveaux trajets et horaires mis en place par le Conseil général, notamment dans le cadre du ramassage collectif (jusqu'à 9 passagers), ne leur convenaient pas. Nous reconnaissons qu'il y a eu quelques cafouillages liés au rodage mais nous n'avons laissé aucun enfant sur le bord de la route. »

La chasse aux taxis

En effet, avec l'aide du service des transports du département, un dispositif temporaire est rapidement mis en place : le taxi. Charge à Vortex d'assumer ses carences et de trouver un nombre suffisant de voitures au pied levé. A ses frais, évidemment ! Mais bémol, dans un premier temps : le règlement doit être avancé par les parents. Face au tollé (certains d'entre eux doivent payer jusqu'à 150 euros par jour), les services du département se rétractent et « suggèrent » aux chauffeurs de leur envoyer la facture, avant de la présenter à Vortex.

Promesses de solutions
Vortex assume ses responsabilités et encourage les parents insatisfaits à prendre contact avec son agence lyonnaise ou à défaut, avec son siège, en leur offrant la certitude qu'une solution leur sera proposée tandis que la cellule transport du Conseil général est joignable sur un numéro vert, même si certains parents affirment que ces lignes répondaient aux abonnés absents. Du côté du département, on s'émeut de ces critiques : « Nous avons tout fait pour trouver une solution adaptée à chacun et, pour quelques cas, en l'absence de taxis, nous avons même envoyé des voitures du département pour assurer le ramassage. »

200 chauffeurs en attente
Selon Nicolas Eglin, secrétaire de la Courte échelle, « il manque apparemment 200 chauffeurs. Mais nous avons entendu dire qu'on leur proposait 9 euros de l'heure, alors évidemment, à ce tarif là, personne ne se bouscule à la porte. » Une réponse peut-être à ce balbutiement de rentrée car selon le service des transports du Conseil général du 69, « nous avons en effet appris qu'une partie des chauffeurs a démissionné le jour J en dénonçant les contrats. Etait-ce pour des raisons financières ? Mais cette question n'est pas de notre ressort. Vortex s'est engagé sur une enveloppe globale et doit s'y tenir. La sous-traitance avec les taxis restera à sa charge. Un autre transporteur a été retenu lors de cet appel d'offre portant sur les 400 élèves restants et nous n'avons eu avec lui aucun souci. »

Une nouvelle échéance est fixée au 13 septembre, date à laquelle Vortex s'est engagé à trouver une solution de transport acceptable si ce n'est définitive pour chacun de ses clients. Et après ? Selon le Conseil général : « Nous ne doutons pas de la bonne volonté de Vortex mais, dans le cas contraire, il faudra dénoncer le marché et procéder à un nouvel appel d'offres ! »

On peut cependant s'interroger sur deux points dans le choix du Conseil Général:

- Choisir une entreprise dans un département où elle n'est pas implantée
- prendre cette décision au mois de juin en sachant que les services doivent être opérationnels pour la rentrée scolaire de septembre!

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