Les chicanes empêchent la libre circulation des fauteuils ?

La chicane, dite barrière sélective, porte bien son nom. Si, à l'origine, son but est d'interdire les voitures et les motos d'emprunter un chemin réservé aux piétons, elle bloque bien souvent les fauteuils roulants. Mais que dit la réglementation

5 novembre 2018 • Par Cassandre Rogeret / Handicap.fr

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Croix de Saint-André, tournante, renforcée, U oscillant... Il existe des chicanes de toutes sortes. Qu'elles soient fixes ou mobiles, l'intention est la même : interdire l'accès aux véhicules de deux ou quatre roues et favoriser la tranquillité des promeneurs. Mais dans quelle catégorie se situe le fauteuil roulant ? Officiellement, si sa vitesse n'excède pas les 6 km/heure, son utilisateur est considéré comme un piéton. Il devrait donc avoir accès, sans difficulté, aux voies réservées à ceux-ci. Or la réalité est tout autre... Pour nombre d'entre eux, c'est la croix et la bannière.

Libre circulation 

Ce combat, le Comité pour le droit au travail des handicapés et l'égalité des droits (CDTHED) le mène depuis plusieurs années. Sa revendication est simple : une libre-circulation des personnes handicapées. « Tout le monde peut constater que ces chicanes n'empêchent pas les deux roues de passer, elles ne font que les ralentir, affirme le CDTHED. Par contre, elles gênent considérablement plusieurs personnes à mobilité réduite qui ne peuvent pas, ou seulement au prix de grandes difficultés, les franchir. Il en va de même pour d'autres usagers tels que ceux qui utilisent des poussettes doubles. » Pour franchir ces barrières, de nombreux cyclistes n'hésitent pas à porter leur vélo, une pirouette inenvisageable avec un fauteuil.

Non-respect de la réglementation

Sur le banc des accusés : les chicanes mobiles, qui nécessitent l'usage des bras, et les fixes, trop serrées, laissant un passage limité à un mètre. Ces barrières imposent des manœuvres longues et difficiles, voire impossible pour ceux qui sont, par exemple, dans l'incapacité de bouger les bras. Pourtant, la réglementation est claire. L'arrêté du 15 janvier 2007 stipule que « la largeur minimale de cheminement est de 1,40 mètre, libre de mobilier ou de tout autre obstacle éventuel. Cette largeur peut toutefois être réduite à 1,20 mètre en l'absence de mur ou d'obstacle de part et d'autre du cheminement ». Or, depuis plusieurs années, de plus en plus de communes installent des barrières de moins d'un mètre de large.

Une pétition en cours

Le CDTHED estime que, « par le biais de l'installation de chicanes, certaines municipalités reportent, de fait, sur les passants handicapés, minoritaires, la sanction d'une réglementation non respectée, tout en leur opposant le soi-disant 'intérêt général' des passants non-handicapés, majoritaires… Cette attitude est constitutive d'une véritable discrimination à l'égard des personnes handicapées ». Le comité revendique une prise en compte des intérêts de tous les citoyens et rappelle que la possibilité de circuler librement dans son quartier « ne peut faire l'objet de 'négociations' ou de prétendus 'compromis' ». Il demande donc aux municipalités et communautés de communes concernées de retirer les barrières sélectives qui ne respectent pas les normes énoncées par l'arrêté du 15 janvier 2007.

Pour donner plus d'impact à sa revendication, l'association a lancé une pétition (en lien ci-dessous) : « Pour la liberté de circulation des personnes handicapées contre les chicanes non accessibles ». Les principaux destinataires : les ministres de la Transition écologique et solidaire et de l'Intérieur, la Secrétaire d'État chargée des personnes handicapées, les préfets et les maires concernés. En marche vers des chemins plus accessibles ?

© CDTHED

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"

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