Disneyland Paris, l'Unapei porte plainte pour discrimination

L'Unapei saisit la justice et lance une pétition afin de permettre aux personnes handicapées mentales d'accéder aux attractions de Disneyland Paris sans devoir s'identifier comme telles. Lorsque Mickey nous rend Dingo...

3 juillet 2014 • Par Handicap.fr / Emmanuelle Dal'Secco

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Délit de faciès dans un grand parc d'attraction français, à l'encontre de personnes ayant un handicap « visible » ? C'est en tout cas ce que dénonce l'Unapei (Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis) qui, le 3 juillet 2014, dépose plainte pour des faits qu'elle considère « intolérables et répétitifs constitutifs de discrimination à l'encontre des visiteurs handicapés mentaux ». C'est Disneyland Paris qui est dans le collimateur. Rappel des faits…

Un pass vraiment prioritaire ?

L'Unapei annonce avoir été alertée par de nombreuses familles sur le fait que des personnes qui présentent un handicap mental visible, et notamment trisomiques car facilement indentifiables, se voient refuser l'accès aux attractions et sont sorties de la file. Elles n'ont pas d'autre choix que de s'identifier en tant que visiteur handicapé afin d'obtenir le « pass » dit « prioritaire ». Or, selon l'Unapei, ce dernier conduit d'une part les personnes handicapées à être mises à l'écart (sortie des files classiques, entrée par les sorties des attractions, obligation de prendre rendez-vous à heure fixe... ) et, d'autre part, il les contraint à suivre des règles différentes et dérogatoires d'accès aux attractions (obligation d'être accompagné par une personne valide, impossibilité de monter dans une attraction avec d'autres personnes handicapées et ce durant toute la durée du cycle d'une attraction).

Nulle part ailleurs ?

Par exemple, un groupe de quatre personnes handicapées avec un accompagnateur ne peut pas faire les attractions ensemble. Il doit faire quatre fois l'attraction avec chacune d'elle, laissant d'ailleurs les autres patienter sans accompagnement… « Pour la première destination touristique européenne et française, il est intolérable de voir de telles pratiques discriminatoires institutionnalisées, s'insurge Christel Prado, présidente de l'Unapei. D'autant qu'on n'a jamais entendu parler de tels problèmes dans d'autres parcs de loisirs. ». Et d'ajouter : « Ce qui me choque, par-dessus tout, c'est le tri ».

Disney invoque la sécurité

Face à cette situation, l'Unapei a adressé plusieurs courriers à la direction de ce parc lui demandant de prendre des mesures immédiates. Alors même qu'elle ne conteste pas, et reconnait même l'existence de pratiques conduisant à restreindre l'accès aux attractions sur le seul critère du caractère visible du handicap mental de leurs visiteurs, elle n'envisage nullement d'y mettre fin. Disney se défend de toute discrimination et précise accueillir 60 000 visiteurs en situation de handicap par an, en restant très attentifs à cette question. Elle justifie ce règlement par des questions de sécurité, notamment en cas de panne, afin que les sauveteurs puissent repérer en priorité les personnes concernées. Interrogée par l'AFP (Agence France presse), la direction de Disney s'est dite « très surprise par ces accusations. « Nous avons travaillé en collaboration avec l'Unapei pour établir un certain nombre de règles de sécurité », affirme Daniel Delcourt, directeur général adjoint en charge des opérations. 

L'Unapei porte plainte

A la suite de nombreux témoignages, l'Unapei et les Papillons Blancs d'Epernay ont donc décidé d'organiser, le 10 juin 2014, une opération de testing en caméra cachée qui n'a fait que confirmer les faits et laisse entendre que l'aventure ne serait donc pas aussi féérique que promis ! Pour enjoindre Disneyland Paris à mettre fin à ces pratiques, l'Unapei porte donc plainte pour infraction aux articles 225-1 et suivants du code pénal et lance une pétition en ligne (lien ci-dessous). Elle invite également chaque personne handicapée ayant été victime de discrimination à Disneyland Paris à apporter son témoignage en écrivant à discrimination@unapei.org .

L'affaire est d'autant plus étonnante qu'aux Etats-Unis, on a récemment mis à jour un « trafic » de pass prioritaires, des visiteurs valides « louant » les services d'une personne handicapée pour pouvoir bénéficier des avantages de ce coupe-file (lire article en lien ci-dessous). Une « discrimination » visiblement appréciée par les contrevenants…

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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